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Comment optimiser les achats grâce au TCO ?

Publié le 29 janvier 2026

Le coût total d’acquisition (TCO) s’impose comme un levier stratégique pour les directions achats, industrielles et financières. En effet, derrière un prix d’achat attractif se cachent bien souvent des coûts invisibles qui pèsent durablement sur la performance de l’entreprise. Dans un contexte de tension sur les marges et de recherche d’efficience, comment passer d’un raisonnement centré sur le prix à une analyse globale et opérationnelle des coûts sur tout le cycle de vie ? Tour d’horizon avec Alain Wolgensinger, spécialiste de l’optimisation de la performance commerciale. Méthodologie en 4 étapes, exemples concrets et bonnes pratiques : découvrez comment le TCO permet de sécuriser les décisions d’achat et de renforcer durablement la compétitivité de l’entreprise !

TCO

Le saviez-vous ? À dire d’experts, 70 % des coûts d’un achat sont invisibles sur le devis. Et du coût, pardon, du coup, dans l’industrie et la logistique, où chaque euro compte, le coût total d’acquisition (TCO) devient l’arme absolue des acheteurs avisés. Voici comment l’utiliser concrètement.

Le TCO décrypté : l’iceberg des coûts réels

Iceberg TCO

Cela fait écho à l’adage frappé au coin du bon sens de nos aïeux :

« Le prix s’oublie, la qualité reste. »

Selon eux, un prix bas cache une qualité médiocre qui se paiera in fine.

4 étapes pour un TCO efficace

Étape 1 : dresser la cartographie complète des coûts

Le service en charge des achats est clairement le plus indiqué pour entamer ce travail. Comment procéder ?

D’abord, lister tous les coûts visibles et invisibles. Bonne pratique : impliquer les départements « techniques » pour établir ou étoffer cette liste : maintenance, logistique, RH…

Puis, systématiser la démarche TCO sur les achats stratégiques ou critiques, car plus complexes donc à soigner, cf. la matrice Kraljic.

[Lire aussi] Négociation des achats : les bonnes pratiques

Illustration - Article TCO - Matrice de Kraljic
Illustration - Article TCO - Diagramme ABC

Idéalement, intégrer aussi les articles de classe C (diagramme ABC).

Souvent jugés inutiles mais finalement pesants car ils font l’objet d’achats sauvages (hors processus d’achat contrôlé) et de frais administratifs trop souvent sous-évalués. Par exemple : fournitures de bureau, réceptifs et consommables quotidiens (sucre, café/thé, gobelets, etc.).

Étape 2 : effectuer une modélisation précise

Là encore, cette formalisation sera logiquement confiée au service en charge des achats.

  • Utiliser des templates sectoriels

Par exemple : typologie et ordres de grandeur de coûts associés pour des machines, des véhicules ou des formations. Autrement dit, coût affiché versus taux de satisfaction des salariés, voire hausse de productivité en % obtenue après-coup, etc.

  • Intégrer de préférence 3 scénarios : optimiste, réaliste, pessimiste

Par exemple : la revente de véhicules électriques TESLA, autrefois prisés, est devenue plus problématique à mesure que son dirigeant écornait son image au travers de l’éphémère DOGE (department of government efficiency) au sein de l’administration américaine.

Étape 3 : former des équipes

Cette tâche, logiquement confiée au service en charge des achats, nécessitera au préalable une note interne émanant de la direction pour en souligner l’importance. De même que la création d’un ou plusieurs postes de « référent TCO » dans les services concernés. Par exemple : achats, comptabilité… Il s’agira enfin de proposer des ateliers pratiques avec études de cas, intégrant le plus fidèlement possible les coûts réels et les témoignages des référents TCO.

Les retours terrain peuvent ainsi être spectaculaires et rapides. Un directeur de site se confie :

« Nos acheteurs junior identifient maintenant 2 fois plus de coûts cachés. »

Étape 4 : assurer un suivi régulier et communiquer

C’est un point fondamental car ce qui ne se mesure pas ne s’améliore pas !

Alors, comment procéder ?

  • Via des tableaux de bord trimestriels (mensuels, ils risqueraient d’être pauvres en contenu
  • Revues trimestrielles avec la direction financière afin de détecter d’éventuels écarts par rapport à une vision trop optimiste ou pessimiste
  • Prévoir un KPI clé : écart TCO prévu/réel (<5 % = objectif)

Check-list : 4 questions + 1 attitude

L’approche et la relation de votre entreprise avec ses fournisseurs vont changer !

Pour cela, vous devez poser 4 questions clés.    

1/ Quel est votre engagement sur la durée de vie du produit ?

  • D’abord, comparez les garanties entre produits. Par exemple : 5 ans versus 2 ans.
  • Quid des extensions de garanties ou des contrats de maintenance préventive ?
  • Puis, évaluez les coûts sur 3/5/10 ans.

2/ Quels sont vos taux de panne moyens et délais d’intervention ?

  • Insistez pour disposer de ces chiffres (fiables).
  • Insistez pour avoir des références clients : numéro de téléphone d’acheteurs ou de maîtres d’ouvrage.
  • Si le fournisseur est un nouveau candidat, demandez-lui des tests de laboratoires indépendants ou envisagez une simple commande d’essai afin de vérifier sa solidité.
  • Privilégiez les solutions de réparation à distance (télémaintenance).
  • Calculez l’impact des temps d’arrêt : en coût d’exploitation mais également en chiffre d’affaires (CA) perdu.

3/ Vos produits sont-ils évolutifs face aux nouvelles réglementations ?

Il s’agit d’anticiper les coûts de mise à jour, souvent sous-évalués.

4/ Quelle est votre politique de reprise/recyclage en fin de vie ?

Il est en effet essentiel d’intégrer les coûts de démantèlement.

La LOA (location avec option d’achat) est la solution proposée par un banquier pour soulager son client de ce fardeau du démantèlement : si le client ne souhaite pas acheter l’objet (machine ou véhicule en général), le banquier le récupère.

Suggestion : idéalement, intégrez l’ensemble des critères du TCO dans la grille de sélection des fournisseurs.

Illustration - Article TCO - Jeux de mots

Passez à l’action !

Pour un résultat optimal, variez les outils et les démarches !

Les outils informatiques

Plusieurs logiciels traitant du TCO existent, ciblant les besoins des PME ou des grands groupes. Ils sont aisés à trouver sur Internet mais il sera bon de solliciter des avis d’utilisateurs.

Une formation aux bases de la démarche TCO

Dès l’onboarding, acculturez vos nouvelles recrues à la démarche TCO (dans le livret d’accueil par exemple).

Un changement d’état d’esprit

D’abord, chez vos collaborateurs au sein de l’entreprise, encouragés à passer de l’achat express ou centré sur le prix à l’achat mûrement réfléchi intégrant bénéfices et coûts cachés.

Une probable délégation en phase de démarrage

Les étapes 1 et 2 – cartographie des coûts et modélisation – parfois longues à mener, peuvent parfaitement être confiées à un acheteur junior dûment coaché par un manager.

L’animation continue de la démarche TCO

Pour faire vivre cette démarche exigeante et éviter l’écueil de la mode passagère, partagez votre expérience avec d’autres entreprises.

Sollicitez votre organisation professionnelle ou votre CCI pour des témoignages. Ils ouvrent souvent des pistes, tels certains exemples cités précédemment.

En définitive, le TCO est un véritable levier de compétitivité. C’est à la fois une démarche RSE compatible mais aussi soucieuse d’efficience (en avoir le plus possible pour ses ressources) et de sécurisation. En se préservant de toute naïveté et en adoptant une démarche pragmatique, l’acheteur renforce son rôle de stratège économique, capable d’éclairer les décisions de l’entreprise sur le long terme et de contribuer activement à sa performance durable.

Notre expert

Alain Wolgensinger

Commerce international

Spécialiste en développement international, optimisation de la performance commerciale et coaching export, il s’appuie sur […]

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