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Compétences en IA : comment identifier les besoins de formation ?

Publié le 26 mai 2026
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Comment identifier et développer les compétences en IA alors que les métiers évoluent à grande vitesse ? L’essor des outils d’intelligence artificielle transforme déjà de nombreuses activités et oblige les entreprises à repenser leurs approches en matière de gestion des compétences et de formation. Mais, entre incertitudes sur les usages, politiques internes encore floues et difficultés à exprimer les besoins, comment agir concrètement ? Philippe Argouges, expert de l’ingénierie de la formation et de l’analyse des besoins, vous livre des leviers opérationnels et des bonnes pratiques pour accompagner cette évolution.

Image d'illustration de l'article sur les compétences en IA et l'identification des besoins de formation

D’après l’OCDE, dans lesoffres d’emploi au Royaume-Uni et aux États-Unis, un tiers des compétences requises pour un emploi moyen a évolué. À l’heure de l’IA, on peut même se demander si ce chiffre n’est pas encore sous-évalué.

L’évolution rapide des compétences en IA

Il y a deux ans, les outils d’IA existaient, mais à part quelques geeks, rares étaient les professionnels qui les utilisaient. Dans les journaux grand public, les articles en parlaient comme d’une révolution. Et la question qu’ils soulevaient tous était : les logiciels seront-ils bientôt plus intelligents que l’être humain ? Question philosophique, certes, mais peu intéressante d’un point de vue pratique.

La bonne question était plutôt : comment s’en servir efficacement ? Autrement dit, quelles compétences seront nécessaires pour cela ?

Reste que de nombreux métiers ont profondément changé avec l’émergence de ces outils.

Ceux liés au développement informatique, par exemple. Aujourd’hui, les intelligences artificielles, même généralistes, codent bien. Très bien même. Pour un développeur, maîtriser ces outils pour s’en servir à bon escient est devenu une compétence clé. Cela peut faire gagner des semaines à la plupart des projets d’entreprise. Bien évidemment, ce n’était pas le cas il y a deux ans.

Il en est de même pour les métiers de la communication. Dès à présent, la retouche ou la création d’images est à la portée de tout un chacun. Ce n’est plus l’apanage des spécialistes de la tablette graphique ou de Photoshop. Pour un graphiste, l’expertise dans l’utilisation des outils d’IA est désormais une compétence clé.

Et tout cela en deux ans. Même moins, si l’on pense aux usages de ces outils par les non-initiés à l’époque. Pour beaucoup d’entre eux, il a fallu s’y mettre du jour au lendemain. S’adapter ou disparaître, en somme.

On peut penser que cela ne concerne que quelques métiers et que, dans la majorité des cas, rien ne change. L’IA est un outil puissant, mais on peut s’en passer…

Vraiment ?

En réalité, il suffit d’interroger n’importe quel professionnel. Tous ont un usage possible de l’IA dans leur activité, tous ont besoin de compétences.

La gestion des compétences à l’heure de l’IA

Il est donc capital de planifier la montée en compétences des équipes sur ce sujet.

Des outils…

Fort heureusement, on dispose d’un outil puissant pour cela : la GPEC, gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Pour simplifier, cela permet de cartographier les compétences et de planifier les besoins pour construire un plan de formation approprié.

Seulement voilà : il faut du temps pour établir ces cartographies. D’où le risque de scléroser le processus d’analyse alors qu’il faudrait au contraire être plus réactif.

… et des obstacles

Et pour les besoins liés à l’IA, les collaborateurs se heurtent souvent à ces deux obstacles.

1/ Les entreprises n’ont pas de politique claire

Les outils d’IA généralistes grand public offrent peu de garanties de confidentialité des informations partagées. Aujourd’hui, on ne sait pas comment ChatGPT, Gemini et tous les autres protègent les informations qu’on leur confie. Est-ce que des données confidentielles ne risquent pas d’être rendues accessibles à tous ? Pour beaucoup d’entreprises, c’est un risque qu’elles ne peuvent courir.

Plusieurs options s’offrent à elles.

Elles peuvent développer leur propre outil, interne, fermé et destiné uniquement aux employés. Ainsi, elles peuvent par exemple investir dans un moteur comme Mistral. La phase d’apprentissage peut se dérouler uniquement avec des informations définies : les données privées restent dans l’écosystème de l’entreprise.

Elles peuvent aussi investir dans un outil payant et contractualiser avec un fournisseur pour garantir la confidentialité de leurs informations.

Bien sûr, les collaborateurs doivent alors s’abstenir d’utiliser les outils grand public.

2/ Les utilisateurs ont du mal à identifier leurs besoins de compétences en IA

C’est un écueil récurrent dans les analyses de besoins de formation. Les utilisateurs éprouvent des difficultés à lister les compétences qui leur manquent, justement parce qu’elles leur manquent. C’est encore plus vrai pour ce qui concerne l’IA.

Dans un projet classique, les utilisateurs se comparent à leurs collègues ou à leurs proches, et identifient ainsi leurs manques. Ils peuvent se projeter dans leur activité future et en déduire ce qu’ils doivent savoir.

Cela ne marche plus avec les projets d’IA. Les utilisateurs ont des connaissances empiriques, très variables. Pourtant, beaucoup ne peuvent imaginer ce qui leur sera utile dans leur métier, ce dernier étant en pleine évolution.

Parfois, ils ne voient même pas les bénéfices que ces outils apportent. En effet, ils n’ont aucune idée (ou une idée fausse) sur ce qu’ils peuvent en faire.

Les bonnes pratiques pour développer concrètement les compétences en IA

Pour autant, et malgré tout, les responsables formation disposent de différents leviers.

1/ Acculturer les collaborateurs L’un des premiers écueils est la connaissance variable des produits IA et de leurs possibilités. Les responsables formation peuvent donc proposer des séminaires expliquant et montrant ce que les collaborateurs peuvent faire.

2/ Faire vivre l’IA dans les formations

Les métiers évoluant, les formations doivent évoluer aussi. Tous les sujets peuvent désormais inclure des volets IA, pas seulement les formations dédiées. Il est capital d’actualiser les formations existantes pour tenir compte de ces outils et de ce qu’ils apportent.

Pour conclure, l’IA n’est plus seulement un outil permettant de créer des mèmes ou des images amusantes. Désormais, on trouve sous ce vocable une quantité de produits, gratuits ou payants. Vos collaborateurs les connaissent parfois, mais pour un maximum d’efficacité, ils doivent être bien formés et choisir les outils recommandés. Le rôle du responsable formation est de les aider. Pour cela, il est primordial de savoir où ils en sont. Ensuite, seulement, il peut leur proposer une offre de formation adaptée.

Notre expert

Philippe ARGOUGES

Ingénierie de la formation

Consultant, expert de la formation, formateur de formateurs et en développement individuel, il entre dans le monde de la formation […]

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